Même enchaîné
De la tête jusqu’aux pieds
Prends le chemin du grand frisson
Que ton esprit emploie la défusion
Détache-toi dans l’évasion
Et ris de ta vision
D’un être mort enchaîné
De la tête jusqu’aux pieds.
pré-textes

Dominant et dominé
Violent et calme
Ni noir, ni blanc
Envieux et ravi
Soucieux et content
Ni faux, ni vrai
Esclave et libre
Heureux et triste
Ni nain, ni géant
Féroce et tendre
Mauvais et bon
Ni mort, ni vivant.
Peut-être humain ?

De pensées maquillées
S’effritant dans la poudreuse
Tristes fresques du soir
Dessinées atrophiées
Dans une gouache baveuse
Vertueux oubli de paraître,
Mais tu n’es pas grand’chose
Trace d’ennui dans le crépuscule
Nébuleuse brebis en guêtres
Supportée à petites doses
Pour une broutée tu gesticules
Alors tu t’en vas,
Cheminant des prés desséchés,
Te suivant, nuées de corbeaux assoiffés
Guettant ton arrêt
Sans faim tu continues pourtant
Ton grignotage d’une végétation fade.
Avance, avance, à un demain rêvant
Ravoir de l’appétit pour des salades
Mâche ou crève !
On ne te demande pas d’aimer
Juste de consommer,
Sois bon élève !
Ne t’élève point,
Reste dans ton coin,
Va-t-en acheter ton foin
Il faut voir loin,
Subsister à ses besoins
Bois, mange, travaille au moins !
Vis longtemps mais pas trop,
C’est qu’il faut nourrir les corbeaux.
Mâche ou crève !
Ingurgite les libidineuses images
C’est ça le rêve.
Ingurgite mais reste sage.
Autrefois les prés étaient verts,
Verts et moelleux.
Aujourd’hui, le vert s’est fait désert,
Jauni, rocailleux.
Va-t-en aimer les pierres !
Et n’aies pas l’estomac noueux,
Avale… couleuvres, cobras, vipères !
Ainsi tu sentiras vénéneux, le venimeux
Infusé, instantané,
Sens le mal, en vrai,
Pour le combattre, pas le laisser distiller
A ne plus sentir mauvais,
Leurs relents douceâtres.