
Farfadesques couloirs
De pensées maquillées
S’effritant dans la poudreuse
Tristes fresques du soir
Dessinées atrophiées
Dans une gouache baveuse
Vertueux oubli de paraître,
Mais tu n’es pas grand’chose
Trace d’ennui dans le crépuscule
Nébuleuse brebis en guêtres
Supportée à petites doses
Pour une broutée tu gesticules
Alors tu t’en vas,
Cheminant des prés desséchés,
Te suivant, nuées de corbeaux assoiffés
Guettant ton arrêt
Sans faim tu continues pourtant
Ton grignotage d’une végétation fade.
Avance, avance, à un demain rêvant
Ravoir de l’appétit pour des salades
Mâche ou crève !
On ne te demande pas d’aimer
Juste de consommer,
Sois bon élève !
Ne t’élève point,
Reste dans ton coin,
Va-t-en acheter ton foin
Il faut voir loin,
Subsister à ses besoins
Bois, mange, travaille au moins !
Vis longtemps mais pas trop,
C’est qu’il faut nourrir les corbeaux.
Mâche ou crève !
Ingurgite les libidineuses images
C’est ça le rêve.
Ingurgite mais reste sage.
Autrefois les prés étaient verts,
Verts et moelleux.
Aujourd’hui, le vert s’est fait désert,
Jauni, rocailleux.
Va-t-en aimer les pierres !
Et n’aies pas l’estomac noueux,
Avale… couleuvres, cobras, vipères !
Ainsi tu sentiras vénéneux, le venimeux
Infusé, instantané,
Sens le mal, en vrai,
Pour le combattre, pas le laisser distiller
A ne plus sentir mauvais,
Leurs relents douceâtres.